Avez-vous déjà entendu parler du fameux « kit bushcraft » ? Il y a autant de kits qu’il y a de pratiquants. Le Bushcraft, c’est avant tout une somme de connaissances pratiques et de savoirs-faire. Il arrive cependant toujours un moment où, malgré notre bonne volonté, nous finissons par avoir besoin de matériel…

Voici quelques pistes pour confectionner un « kit Bushcraft » pour 100€. Les choix présentés ci-après ne sont que des décisions personnelles et que nous espérons pragmatiques.

Avertissement :

Cette publication contient des liens affiliés. Cependant, je ne vous recommande que du matériel que j’ai testé et/ou validé pour son rapport qualité/prix.

1 – Un guide de terrain naturaliste pour vous émerveiller

Pour pratiquer le « Bushcraft » au sens noble du terme, il faut être capable d’identifier des ressources naturelles à utiliser. Partir avec son sac à dos et du matos pour passer la nuit en forêt s’appelle du « camping sauvage ».

En revanche, si vous prenez le temps de vous intéresser à la botanique, à la mycologie sur le chemin, si vous vous essayez à la cueillette des plantes sauvages, vous voilà entré(e) dans le monde fascinant de l’art de la vie dans les bois.

Pour débuter, je recommande toujours le même ouvrage naturaliste et généraliste : le guide de la faune et de la flore publié chez Flammarion. On le trouve, neuf, à 18.00€

2 – Un couteau robuste et accessible pour travailler de vos mains

Outil emblématique de la pratique du Bushcraft et du froissartage, le couteau devient vite indispensable pour récolter quelques ressources, pour préparer des initiateurs de feu ou tout simplement pour travailler le bois.

Attention à bien apprendre à le maîtriser avant de jouer bêtement avec !

Pour débuter (et même pour les plus expérimentés), la référence du domaine se situe chez la marque Morakniv avec ses outils à lame fixe d’une robustesse excellente, d’un tranchant efficace et facile à entretenir et, surtout, pour un coût modique.

Nous possédons toujours le Mora Companion dans lequel nous avions investi au début du projet « Nature Aventure Survie » (près de huit ans plus tard) et nous l’utilisons de temps en temps lors des sorties rapides.

À l’heure où nous écrivons, ce couteau est accessible à 15€ environ.

3 – Un firesteel pour vous amuser et apprendre

Notre premier firesteel nous a été offert mais nous savons qu’il a été très difficile à trouver à l’époque (années 2000). Désormais, c’est un outil qui trône dans n’importe quelle enseigne de loisirs de plein air et sur internet. Nous l’intégrons obligatoirement dans un kit bushcraft pour débutants.

Cette pièce de ferrocérium est utile pour allumer un feu lors d’un bivouac mais il vous force également à aller essayer et découvrir des ressources naturelles.

Lorsque nous avons tourné la vidéo ci-dessous, nous avions déniché une excellente référence : longue tige, bon grattoir, bonnes étincelles pour 5€ à peine.

Apprenez à maîtriser le firesteel grâce à cette vidéo :

À l’heure où nous rédigeons ces lignes, nous déplorons une certaine inflation qui n’est pas toujours synonyme de qualité. Pour sélectionner un bon firesteel, il faut s’assurer de la robustesse du grattoir et de l’épaisseur de sa tige. Pour cette raison, à l’heure actuelle, nous ne pouvons que recommander aux novices de se tourner vers le modèle Army de la marque Light My Fire (environ 15€ ; attention les nouveaux modèles « bio » de la marque voient leur prix dépasser les 20€, question d’éthique) ou vers ce firesteel de marque générique à 10€.

4 – Un carnet / journal de bord pour recenser vos découvertes

Que ce soit un « carnet de survie », « un herbier improvisé » ou un simple journal de bord, pouvoir enregistrer ses découvertes est d’une grande importance lorsqu’on assimile des tonnes de connaissances.

Fidèle compagnon du guide naturaliste, le carnet permet de presser des échantillons de plantes ou d’y noter les astuces et difficultés rencontrées sur le terrain. Justement, vous pourriez y noter quelques remarques ou critiques à l’égard de votre kit bushcraft.

C’est désormais un outil capital dans notre vie de tous les jours pour y noter les idées qui nous passent par la tête ou les points à aborder durant notre podcast. Fouillez donc vos fonds de tiroir pour dénicher un stylo.

Jamais nous n’avons testé ces carnets « waterproof » qui écrivent soi-disant sous la pluie. Un simple journal A5 quadrillé / pointillé / ligné fait l’affaire. Nous faisons le choix de ne pas investir trop d’argent dedans car notre consommation de carnets est assez impressionnante !

Le carnet illustré dans la vidéo ci-dessous est un Lechtturm 1917 : on apprécie en particulier sa fermeture élastique, son sommaire, ses étiquettes autocollantes personnalisables et sa pochette à rabat où nous entreposons de l’écorce de bouleau et/ou des feuilles d’arbres pressées et/ou des cartes de visite. Cependant, le prix prohibitif de cette marque nous a poussé vers des carnets de marque distributeur à 5€.

5 – Un sifflet pour se signaler

Petit accessoire de « survie » qui permettrait de rameuter les passants le cas échéant, un bon sifflet est à considérer au même titre qu’une trousse de secours. Toujours l’avoir à portée de main.

Le modèle présenté dans la vidéo nous a été offert mais on peut trouver des sifflets basiques et abordables pour 3€ (certains modèles sont très « tactical », d’autres plutôt classiques mais font le travail).

6 – Une boussole pour apprendre à s’en passer en navigation naturelle

On nous interroge souvent sur notre capacité à nous orienter sans boussole ni GPS en utilisant cette discipline magnifique qu’est la navigation naturelle (mon ouvrage à découvrir ici). Oui, nous sommes capable, la plupart du temps, de retrouver les directions et notre chemin sans outils mais…

Mais la navigation naturelle repose sur des tendances et des déductions qu’il faut apprendre à maîtriser. Certes, certains se tournent vers la boussole de leur smartphone sans comprendre qu’elle dépend à la fois de la batterie de l’engin et, souvent, du réseau. Mieux vaut donc apprendre à utiliser une vraie boussole de terrain pour vos randonnées et pour venir confirmer les observations que vous aurez pu faire.

La boussole présentée dans la vidéo nous a été offerte (il s’agit d’un modèle de la marque RECTA que l’on trouve désormais sous le pavillon SUUNTO) mais on trouve des modèles basiques et fiables (boussoles plateau) pour 7€ environ.

7 – Un quart métallique pour savourer des tisanes sauvages

Cueillir du lierre terrestre, de l’ortie, de la ronce en proportions égales, hacher menu, couvrir d’eau et mettre à bouillir. Voici trois plantes qui viendront constituer une délicieuse tisane fortifiante pour le système immunitaire, apaisante pour la gorge et légèrement diurétique.

Un quart métallique jouera le rôle de popote improvisée en tolérant le passage aux flammes. On en trouve désormais à des prix dérisoires (en alu) ou des tarifs prohibitifs (en titane).

Le quart présenté dans la vidéo a été acheté dans une grande enseigne sportive pour 3€ (nous avons fait fondre volontairement les gaines en plastiques sur les anses). Nous utilisons désormais un quart Tatonka en acier plus que robuste qui nous a été offert il y a de nombreuses années.

8 – Une couverture de survie, au cas où…

Lors de nos débuts, avec un sac de couchage peu onéreux, nous avons eu souvent froid. Très froid. C’est pourquoi, ces couvertures de survie se révèlent si intéressantes bien qu’étant faciles à déchirer et difficiles à replier.

Nous avons misé sur l’une d’entre elle, notamment, lors de notre traversée à pied de l’Écosse et il y a eu des nuits où nous nous sommes emmitouflés à l’intérieur. Certes, cela amène à transpirer mais au moins nous avons eu assez chaud pour repartir le lendemain matin du bon pied.

On en trouve facilement à moins de 3€ un peu partout. Nous privilégions désormais, lorsque nous l’emportons, une couverture de survie réutilisable, épaisse et anti-déchirure surnommée « space blanket ». Son tarif est prohibitif (nous l’avions reçue en test) et il existe désormais des alternatives bien moins onéreuses et tout aussi efficaces.

9 – Une simple bâche pour vous abriter

Tout le monde vante les mérites des « tarps » pour s’abriter en bivouac. Le mot tarp dérive de l’anglais tarpaulin et désigne toute pièce de tissu permettant de monter un abri : poncho, toile de tente, bâche de chantier…

C’est cette dernière solution que nous recommandons aux néophytes pour deux raisons :

  • Elles sont généralement peu onéreuses (on en trouve à 5€ avec œillets)
  • Elles sont parfois plus légères que les « tarp » officiels de certaines marques !

Pour découvrir le bivouac en pleine forêt, autant débuter avec du matériel robuste et peu cher que vous n’aurez pas peur d’utiliser. Les tarps les plus légers et versatiles voient leur prix s’envoler. Comme me l’a confié Jérôme de chez Azimut-Nature : « Plus les grammes diminuent, plus les €uros grimpent ! »

Nous utilisons désormais un tarp Nordisk 9m² nous ayant été offert par le passé et qui n’est désormais plus en production.

10 – De la ficelle pour monter l’abri et bricoler

Si le milieu « survivaliste » ne jure que par la « paracord » pour sa versatilité, nous ne pouvons que conseiller au débutant de se tourner vers une bobine de ficelle en fibres naturelles dans un magasin de bricolage. Découpez-en une longueur, apprenez à la nouer en drisse à déploiement rapide (voir ici) et glissez-la simplement dans votre kit Bushcraft.

Pourquoi les fibres naturelles ? Parce qu’elles constituent un allume-feu si nécessaire et qu’on peut expérimenter plus facilement et à moindre coût par rapport aux cordelettes synthétiques. D’expérience, elles sont généralement plus maniables également, facilitant l’apprentissage des nœuds malgré un diamètre réduit. Un menu investissement qui durera fort longtemps. Voici un rouleau de ficelle en jute à 4€.

11 – Un sac de couchage… Si possible…

C’est là que le budget peut exploser. Le choix du sac de couchage doit reposer sur différents critères :

  • Températures d’utilisation (vérifiez en particulier la température limite)
  • Encombrement (le duvet est généralement moins volumineux que le synthétique)
  • Poids (même remarque)
  • Le matériau de garnissage (le duvet est plus onéreux, plus difficile à entretenir mais résiste mieux à l’humidité).

Si vous ne prévoyez que de camper en plein été par temps clément, le budget sera moins important que pour aller s’aventurer en bivouac dans l’hiver norvégien. Cependant, nous avons fait un choix qui suscite parfois l’incompréhension :

Nous bivouaquons toute l’année, de tout temps, partout où nous allons (en France et pays frontaliers) avec un seul et même sac de couchage de température limite -5°C en duvet. Pourquoi ? Ce sac est moins lourd et moins encombrant que notre précédent exemplaire. Nous souhaitons tendre vers le minimalisme en terme d’équipements de bivouac et nous trouvons donc là un moyen de simplifier toute expérience dans la nature. Nous n’avons qu’un seul sac de couchage, pas besoin de prévoir le temps qu’il fera en pleine nuit, combiné avec des sous-vêtements thermiques et un sursac, il nous permet d’affronter la canicule (en dormant à l’extérieur) et le gel (en s’emmitouflant à l’intérieur).

Les prix des sacs de couchage peuvent donc varier du tout au tout depuis une trentaine d’euros pour le premier exemplaire que nous possédions (années 2000) jusqu’à plus de 200€ pour les modèles extrêmes. Celui que nous utilisons désormais nous a été offert mais il faut compter une centaine d’euros dans une enseigne de sport réputée.

12 – Pourquoi pas un livre de Bushcraft ?

S’il vous reste quelques deniers en poche, pourquoi ne pas consulter mes publications et vous procurer l’un de mes ouvrages ? Vous y découvrirez tout un tas d’astuces pour remplacer le matériel parfois onéreux par des solutions naturelles. Quelques considérations supplémentaires sur le « kit bushcraft » dans l’ouvrage « Nature Aventure Survie : guide pratique du Bushcraft ». Ce n’est qu’une suggestion bien sûr…

Un kit bushcraft pour 100€ en vidéo

Conclusion : quel sera VOTRE kit bushcraft ?

Malgré les conseils dispensés dans cet article, vous constaterez qu’il est difficile de se tenir à un budget de moins de 100€. Avez-vous remarqué que nous n’avons pas parlé de gourde, de système de filtration de l’eau, de réchaud ou de sac à dos ?

Tout simplement parce qu’il est possible d’improviser avec des objets de récupération : une bouteille d’eau que vous remplirez au robinet avant de partir, ce vieux sac à dos que vous traînez depuis vos années de fac…

Le Bushcraft, tel que nous l’imaginons, met l’accent sur les connaissances et les savoir-faire en milieu naturel. Le matériel est, dans cette définition, presque superflu.



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