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Les pissenlit est avec le plantain (article et recette disponibles ici), l’une des plantes comestibles les plus accessibles. Sous ce nom sont regroupées diverses espèces du genre Taraxacum de la famille des Astéracées. C’est une excellente plante pour débuter dans la reconnaissance et le Bushcraft, car elle est largement répartie à la surface du globe, abondante, facilement identifiable et surtout, elle pousse toute l’année (elle est dite “vivace”).

Les Astéracées se reconnaissent à leurs inflorescences (regroupement de fleurs ici minuscules) en capitules (où chaque fleur est collée à ses voisines sur une sorte de plateau). Chez le pissenlit, on désigne donc la “fleur” par abus de langage lorsque l’on veut en fait parler de l’inflorescence qui en regroupe des centaines. Ces fleurs sont ligulées, elles ressemblent toutes à une petite bande jaune prenant naissance sur le capitule.

Inflorescence typique d’Astéracée comportant de nombreuses fleurs ligulées ©Alban Cambe

Les graines du pissenlit sont minuscules et ornées d’une petite aigrette filamenteuse, ce sont les fameux parachutes sur lesquels les enfants adorent souffler. À la moindre bise, le pissenlit disperse donc ses semences dans le milieu, cela explique en partie son succès écologique, sa large répartition et son abondance.

Les graines du pissenlits, des akènes, le rendent facilement reconnaissable et font de bons initiateurs de feu. ©Alban Cambe

L’inflorescence du pissenlit, jaune, est visible de loin, mais elle peut être très similaire à celle d’autres espèces comme le laiteron, la piloselle ou le tussilage. On poussera l’analyse aux critères suivants :

  • La base de la plante est constituée d’une rosette de feuilles, ces dernières partent toutes d’un point central, elles sont également profondément découpées pour former un motif qui peut faire penser à des dents (d’où son surnom de “dent-de-lion” qui a donné “dandelion” en anglais) ou, personnellement, je trouve que les bords ressemblent à la partie scie d’un couteau de type Rambo.
  • Les feuilles peuvent atteindre 30 centimètres de long, elles peuvent être molles et étalées au sol ou turgides et dressées.
  • La hampe florale dressée (sorte de tige qui relie l’inflorescence aux feuilles) peut atteindre facilement 30 centimètres, elle est creuse et sécrète un lait (latex) de couleur blanche à la saveur très amère.
Les feuilles sont dentées, rappelant les crocs d’un félin d’où le surnom « dent de lion » ©Alban Cambe

Le pissenlit : une plante médicinale bien connue

Si le pissenlit est réputé pour ses propriétés dépuratives et stimulantes, son nom provient de ses vertus diurétiques (pisse en lit). Les tisanes de pissenlit sont ainsi recommandées après les abus de fin d’année pour purger l’organisme de toutes les bonnes (et moins bonnes) choses consommées en excès. On remarquera surtout son action après un repas trop gras, car il a été mis en évidence une augmentation du volume des sécrétions biliaires après ingestion de la plante, elle permettrait également de faire baisser le mauvais cholestérol lors d’une consommation régulière.

D’aucuns ont vu dans l’amertume et les propriétés de cette plante une similitude troublante avec la chicorée appartenant également à la famille des Astéracées. On recommande ainsi de torréfier la racine du pissenlit pour réaliser un ersatz de café (amer et énergisant, mais dépourvu de caféine).

La racine du pissenlit est riche en latex amer mais reste utilisable. ©Alban Cambe

Un peu plus mystique, certains auteurs antiques dont Pline l’ancien dans ses “histoires naturelles”, recommandent de s’enduire le corps d’huile et de se frotter intégralement avec du pissenlit pour être bienvenu en toutes circonstances et obtenir ce que l’on voudra. Des vertus, malheureusement, non confirmées par l’expérimentation (les volontaires sont priés de nous contacter).

Le pissenlit : comestible et (presque) zéro déchet !

Abondant, facile à identifier, largement réparti, le pissenlit a tout d’une plante idéale pour la survie. Malheureusement, elle est faiblement énergétique (environ 50 kilocalories pour 100 grammes de feuilles fraîches, légèrement plus en ce qui concerne la racine), on la privilégiera donc dans la cuisine “sauvage” chère au Bushcraft ou pour réaliser une cure amincissante avant les beaux jours.

Ses feuilles fraîches et sa racine fournissent principalement des glucides (sucres) et peuvent constituer un apport en vitamine C, en ß— carotène et en fer non négligeable.

Les feuilles sont disposées en rosette (elles partent d’un même point central). Notez les boutons floraux qui peuvent être macérés dans du vinaigre tels des câpres © Alban Cambe

Comme pour beaucoup de plantes sauvages, les non-initiés seront frappés par l’amertume généralement marquée chez les sujets âgés et moindre chez les jeunes plants.

On pourra donc se contenter de ramasser des individus jeunes, aux feuilles tendres et n’ayant pas encore exprimé de boutons d’inflorescence.

Les feuilles peuvent s’utiliser en salade tout simplement ou hachées et cuite dans du beurre à la façon des épinards. La racine peut atteindre quelques dizaines de centimètres et est agréable à croquer sur le terrain pour un petit en-cas fortifiant (mais amer) ! Il faudra dans ce cas s’armer d’un petit bâton robuste et creuser tout autour du plant pour en dégager les organes souterrains.

Hormis la hampe florale, toute la plante est comestible. ©Alban Cambe

Les boutons d’inflorescences encore fermés peuvent être macérés dans du vinaigre blanc pour remplacer des câpres, à insérer dans une salade, sur une pizza ou sur une huître avant de la gober. Quand aux mal-nommées “fleurs” qui colorent les champs comme autant de petits soleils radieux au printemps, voici une recette de confiture afin que votre récolte soit utilisée dans son intégralité.

Recette de confiture de pissenlit : cramaillotte

La cramaillotte est une gelée de pissenlit douce et savoureuse. Il faut s’armer d’un peu de courage mais le résultat est sensationnel.

Une confiture ou gelée de pissenlit qui ravira les papilles. ©Alban Cambe
  • 1 kilogramme d’inflorescences de pissenlit (certains adoptent une mesure plus poétique et recommandent 365 inflorescences)
  • 1 kilogramme de sucre à confiture
  • 30 grammes de pectine ou 4 grammes d’agar-agar
  • 4 oranges
  • 2 citrons
  1. Équeuter et enlever les bractées vertes au-dessous des inflorescences.
  2. Dans un bocal, tasser puis recouvrir les inflorescences d’eau et laisser macérer entre 12 et 24 heures.
  3. Filtrer à travers un linge propre en pressant pour exprimer le plus de liquide possible.
  4. Mesurer la quantité de jus obtenue et adapter les quantités.
  5. Verser le jus dans une marmite à confitures et ajouter le sucre, le jus des oranges et des citrons. Remuer et laisser reposer 30 minutes, le sucre doit se dissoudre, remuer à nouveau si nécessaire.
  6. Porter à ébullition et maintenir à 105° C pendant 20 minutes.
  7. Laisser refroidir, si l’ensemble est trop liquide, ajouter de la pectine ou de l’agar-agar, remuer et laisser reposer 5 minutes encore.
  8. Mettre en pot et fermer le couvercle à chaud en appuyant dessus pour créer un vide d’air ou à froid avec une feuille de paraffine.

Résumé vidéo : le pissenlit comestible et médicinal

Retrouvez davantage de recettes de plantes sauvages et comestibles dans l’ouvrage :

Nature Aventure Survie : guide pratique du Bushcraft“.

Nature Aventure Survie : guide pratique du Bushcraft
“Nature Aventure Survie : guide pratique du Bushcraft” est devenu l’ouvrage de référence de la discipline.

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2 Replies to “Le pissenlit comestible et médicinal (recette de cramaillotte)”

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