Le bushcraft invite à voyager léger. Un simple couteau et une lame de scie peuvent être les outils de base permettant d’établir un campement. Quelques minutes de travail suffisent pour réaliser une scie-arc vise qui augmentera drastiquement votre puissance de coupe.

Autour du camp, une scie se révèle vite indispensable : récolter du bois, construire un abri, confectionner des outils… L’utilité d’une lame de scie est alors inestimable. Les scies pliantes se voient limitées par leurs dimensions là où une lame de scie à bûche peut être déployée en quelques minutes et facilitera drastiquement la découpe du bois.

Cet article est extrait en partie du livre « Le Grand Guide du Bushcraft » disponible aux éditions Solar.

Nous utiliserons ici une lame de scie à bûches pour bois sec (denture régulière). La tâche à laquelle nous la réservons est justement la collecte du bois mort pour alimenter le feu et construire abris et trépieds autour du campement. Cette lame de 610 mm se roule facilement dans un billycan et se fait ainsi oublier dans notre sac à dos.

I – Préparation du bois pour la scie arc

Sélectionnez une branche droite de bois souple (noisetier, saule…) d’un diamètre légèrement supérieur à celui de votre pouce. Mettez la branche sous tension et coupez-la avec votre couteau.

Travaillez la partie la plus basse : ôtez les branches latérales, les feuilles, les nœuds et pliez doucement le bois. Le but est d’assouplir les fibres sans les casser. Pliez la branche sur un genou, marchez dessus et faites-la tourner comme une manivelle. Recommencez sur toute la surface de la branche. Vérifiez avec votre lame que vous obtenez un rayon de courbure idéal.

À ce stade, verrouillez votre branche arquée avec une cordelette. Bâtonnez les bouts pour obtenir une coupe nette. Vous allez devoir fendre les deux extrémités pour y insérer la lame. Faites ensuite des nœuds très serrés à deux ou trois centimètres du bord (le brêlage en long est idéal). Ceci comprimera les fibres du bois et empêchera la ligne de fente de se propager .

Creusez une encoche qui permettra de loger le bloqueur de la lame. Celui-ci peut être une cheville de bois dur (houx, chêne…) ou un anneau brisé (léger et facilement transportable).

II – Mise en tension de la scie arc

Insérez l’une des extrémités de la lame dans son encoche et verrouillez-la avec un coinceur (cheville de bois ou anneau brisé). Placez un pied sur la branche ou passez votre jambe dans la courbure, tenez la lame par son extrémité libre, dents dirigées vers l’extérieur. Pliez la branche lentement pour venir y loger la lame : allez-y tout doucement et relâchez la tension si vous entendez des craquements. Bloquez la lame dans son encoche avec la cheville et relâchez lentement la tension sur la branche.

Pour une plus grande solidité, ces chevilles peuvent être remplacées avantageusement par des anneaux brisés. Faciles à transporter, ils ne pèsent rien tout en étant robustes et durables.

Votre scie devrait être fonctionnelle : lame bien tendue, arc fixe. Vérifiez l’état des cheville avant d’user de la scie : elles ne doivent pas montrer de signes de faiblesse, le risque est qu’elles ne cèdent durant l’usage ce qui pourrait être dangereux.

III – Utilisation

Cet outil s’utilise simplement sur le terrain en respectant les règles de sécurité inhérentes aux scies. Évitez de laisser traîner le pouce et assurez-vous que la lame ait bien pénétré le bois pour donner de la puissance à vos gestes. Variez les angles d’attaque du bois pour ne travailler que sur une arête.

La forme de cette scie permet cependant d’autres manipulations. Au moment d’entamer la coupe, passez votre avant-bras libre dans l’arc pour saisir la pièce de bois à couper. Vous pouvez également y appliquer une légère pression qui ouvrira la ligne de coupe en votre faveur. De la sorte, vous tiendrez votre main naturellement éloignée de la lame, le pouce à l’opposé.

Attention : si le rayon de courbure de votre scie arc est trop marqué, celle-ci aura un jeu d’élasticité réduisant son maniement. Évitez donc les arcs en forme de U pour viser plutôt une parabole tronquée. De plus, si à la mise sous tension vous percevez des craquements, soyez prudent lors de l’usage : les fibres du bois sont sous une tension telle que certaines ont déjà lâché, l’usage de l’outil peut mener à sa rupture… Inutile de préciser que c’est un cas de figure peu enviable lorsque vous faites jouer une lame acérée aux multiples dents.

IV – Confectionner une scie-arc en vidéo

Conclusion

En partant d’un simple couteau et d’une lame adaptée, vous aurez pu fabriquer aisément sur le terrain une véritable scie robuste et fonctionnelle. De la sorte, vous obtenez un outil qui vous permet d’augmenter votre puissance de coupe et de vous attaquer à des projets plus ambitieux : découpe de bûches pour le feu, construction d’abris ou d’un autre type de scie baptisé « scie-cadre ». Enfin, la scie-arc peut facilement se conserver : après avoir ôté l’écorce du bois, laissez-le sécher lentement. Vous n’avez plus qu’à suspendre votre réalisation au-dessus de la cheminée.

Davantage de bricolages, trucs et astuces dans « Le Grand Guide du Bushcraft » disponible aux éditions Solar.

Alban Cambe
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