Dès qu’il devient nécessaire de travailler le bois lors d’une sortie, les outils coupants deviennent vite indispensables. Si les couteaux et les haches sont emblématiques du Bushcraft, il ne faut pas non plus oublier les scies qui se révèlent bien plus utiles qu’il n’y paraît. Utiliser une scie pliante à bon escient vous ouvrira le champ des possibles pour vous approvisionner en bois.



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I – Différentes scies, différents usages

Le choix du modèle à emporter dépendra de l’objectif visé :

  • La scie pliante représente le meilleur compromis encombrement/utilisation. De nombreuses marques en proposent à tous les prix et il suffit de se rendre dans un magasin de bricolage pour mettre la main sur un modèle satisfaisant.
  • Si vous disposez d’un grand jardin boisé ou que votre terrain de jeu favori est facilement accessible et que le travail du bois vous inspire, une scie à cadre deviendra vite indispensable. Elle permettra de découper de façon plus nette qu’une scie pliante vos tronçons. Il existe cependant des scie à cadre pliantes à emporter sur le terrain pour le gros œuvre.
  • Enfin, la scie-fil est un outil réputé en « survie » et elle trouvera sa place dans un kit de taille réduite. Attention, comme tout objet de « survie », il est bon de savoir l’utiliser et le maniement de ce genre de scie reste délicat, il n’est pas rare que le fil casse ou qu’il reste bloqué dans une bûche. Ce n’est donc qu’une solution d’appoint.
Les scies à cadre pliantes sont très utiles au camp pour débiter de gros gabarits de bois. ©Alban Cambe

II – La scie pliante sur le terrain : utiliser et se protéger

Utiliser une scie pliante pour découper de façon nette des matériaux est une évidence, encore faut-il savoir les manier en pleine sécurité. Ces outils qui sont capables de couper du bois, seront également en mesure de sectionner un pouce qui traîne par là. Il existe des méthodes simples pour s’éviter ce genre de désagrément.

Légères et peu encombrantes, les scies pliantes sont des outils très prisés en Bushcraft. ©Alban Cambe

Comme pour le couteau, une scie doit être repliée (ou recouverte d’un manchon plastique) lorsqu’elle n’est pas utilisée. Ces centaines de dents acérées ne demandent qu’à mordre vos chairs au moment où vous vous y attendez le moins et il est facile de s’y accrocher involontairement. Le mot d’ordre lorsque l’on utilisera la scie sera de ne surtout pas laisser traîner la main libre (celle qui ne tient pas l’outil) à proximité de la zone de coupe.

Attention à la position du pouce et de la main faible en général ! ©Alban Cambe

Pour la scie pliante, on peut procéder de la même façon :

1 – Passer le bras libre par dessus la lame et placer la main libre à au moins dix centimètres de la zone de coupe de sorte que l’auriculaire soit parallèle à la lame. De cette façon, le bras faible empêche la lame de sauter hors de l’encoche et de venir blesser la main faible.

La main faible peut venir maintenir la scie à l’engagement de la découpe. ©Alban Cambe

Variante : placer la main faible à au moins une dizaine de centimètres de la zone de coupe en gardant le pouce parallèle aux autres doigts.

2 – Une fois la lame enfoncée, recouvrir de la paume la tranchée pour éviter les sorties incontrôlées ou positionner la main libre sur la main occupée pour accompagner le mouvement.

Une fois la lame bien engagée, la main faible vient empêcher la scie de sauter hors de l’encoche. ©Alban Cambe

III – Le travail à la scie

Les néophytes imaginent que la scie coupe à chaque aller-retour et qu’elle ne demande qu’à trancher nettement toute pièce de bois. Il faudra pourtant faire attention à la posture, au positionnement de la lame et à la réaction du bois à découper.

Lors de la coupe, on tâchera au maximum de conserver alignés sur un même plan la lame, le poignet, l’avant-bras et l’épaule. Les mouvements seront imprimés par les va-et-viens du coude. Il faut comprendre que la plupart des scies ont un sens unique de coupe (sur la scie Opinel, on peut lire « coupe en tirant »). Pour cela, on visera à imprimer davantage de force au mouvement idoine.

Le positionnement de la lame va influencer la rapidité et l’efficacité de la coupe. Un mauvais positionnement peut entraîner un blocage. On commencera par prendre en compte la masse intrinsèque de l’objet à couper. Celle-ci va attirer chaque section vers le sol et peut expliquer ce genre de déconvenues. Une des extrémités à découper doit être absolument libre de chuter naturellement, lors d’une coupe à la verticale, cette section, entraînée par son propre poids, va provoquer l’écartement subtil de la ligne de coupe, empêchant ainsi le blocage de la lame. Une erreur commune consiste à vouloir couper un tronçon de bois supporter à ses deux extrémités, de cette façon, le poids de la masse de bois jouera davantage sur le milieu en refermant la ligne de coupe sur la lame (qui sera stoppée par friction).

Une extrémité libre de chuter va encourager l’ouverture de la ligne de coupe. ©Alban Cambe
Bloqué par des supports, la masse de l’objet entraîne la fermeture de la ligne de coupe et le blocage de la lame. ©Alban Cambe

Pour couper une tige de bois sans support (pour un droitier), on peut la bloquer entre le dessus de la cuisse d’une jambe agenouillée (jambe gauche) et le pli du genou d’une jambe accroupie (jambe droite). Cela offre un soutien et une stabilité satisfaisants permettant de scier le tronçon en laissant un extrémité libre de chuter.

Une fois la lame engagée dans le bois, elle va subir la friction de la surface de coupe (en contact avec les dents) et la friction des bords précédemment coupés (sur la hauteur de la lame) si la position du morceau à scier n’est pas pensée pour faciliter l’ouverture du trait de coupe. Il en résulte une dépense d’énergie majorée et un ralentissement notable de l’action. L’idée est alors de minimiser au maximum la surface de contact entre la lame et le bois en venant chercher avec les dents de la lame, un angle. L’opérateur est ainsi libre d’adapter son angle d’attaque sur celui qui a été créé par ses précédents va-et-viens.

La découpe de tronçons sera d’autant plus nette que la partie détachée sera légère. Une lourde masse entraînant l’écartement de la ligne de coupe pourra provoquer une rupture du bois qui exprimera alors ses fibres de manière désordonnée en un déchirement peu esthétique. Cela est d’autant plus gênant s’il s’agit de bois vert ou d’un bois destiné à l’ouvrage pour la réalisation d’une cuillère ou autre ustensile.

IV – Méthodes avancées

Scier une branche : technique et sécurité

Tenter de scier une grosse branche, c’est prendre le risque d’endommager l’arbre. Avant même d’avoir pu couper l’intégralité du diamètre du bois, la branche va casser, ployer, arrachant les fibres et présentant ainsi une cicatrice inélégante dangereuse. La branche choyant étant rattachée par des fibres de bois erratiques, sa trajectoire peut être imprévisible, un vrai travail de sagouin.

S’il faut découper une branche ou un tronc penché de diamètre important et, a fortiori, si l’on doit travailler sur un arbre vivant, on prendra soin de procéder de la manière suivante pour minimiser les dégâts occasionnés et obtenir une coupe nette. Attention ! Ne jamais se positionner en dessous de la branche que l’on veut scier, procéder à bout de bras pour s’offrir une marge de sécurité.

1 – Commencer par scier la branche à proximité de sa base par en dessous sur la moitié du diamètre du bois.

©Alban Cambe

2 – À une dizaine de centimètres de là, du côté opposé à l’arbre par rapport à la précédente coupe, scier la branche par le dessus jusqu’à la moitié du diamètre du bois.

©Alban Cambe

3 – Le bois va rompre de lui-même en joignant les deux lignes de coupe de façon nette et évitant ainsi tout dommage non nécessaire à l’arbre.

©Alban Cambe

4 – Scier nettement le manchon restant, à la base de la branche, afin de réduire la surface d’entrée de potentielles maladies et que l’arbre puisse cicatriser (s’il est encore vert).

Couper certains rejets ou troncs peut sembler destructeur de prime abord mais quelques essences d’arbres comme le noisetier, le châtaignier ou le saule en bénéficient pour produire de nombreuses nouvelles pousses. Dans ce cas, veillez à couper le plus au ras du sol possible.

Faire chuter un arbre avec la scie pliante

Le meilleur bois pour le feu est celui qui est mort et sec. Certains arbres morts sur pied sont donc de bonnes sources de combustible. Faire chuter un arbre de gros diamètre sera superflu lors d’une pratique raisonnée du Bushcraft mais du bois de gabarit moyen peut être apprécié lors d’un bivouac. La scie permet de faire chuter des arbres de façon efficace, il faut juste être réactif.

1 – Identifier un arbre isolé, mort sur pied et repérer une trajectoire de chute où il ne risque pas de se bloquer dans les branchages adjacents et où il ne risque pas non plus de s’abattre sur un campement ou des compagnons.

2 – Étudier une trajectoire de fuite, lorsque l’arbre commencera à s’abattre, il ne faudra pas rester dans les parages. En effet, il arrive parfois que le tronc se décale violemment vers la direction inverse à la chute.

3 – On commencera par réaliser une encoche donnant la direction de chute. Inciser le tronc à 45° en procédant à une entaille jusqu’à la moitié de l’épaisseur du tronc.

4 – Réaliser une seconde entaille pour rejoindre l’extrémité centrale de la première.

5 – Dégager le coin de bois ainsi réalisé à l’aide d’un couteau. Ne surtout pas mettre les doigts dans l’encoche ! Le tronc ne tient plus que par la tension des fibres du bois du côté opposé à l’encoche.

©Alban Cambe

6 – Réaliser une entaille visant à relâcher la tension du bois du côté opposé à l’encoche. Dès qu’un craquement se fait entendre, abandonner l’entaille et s’éloigner immédiatement de l’arbre qui va chuter. Il faut prendre ses jambes à son cou.

©Alban Cambe

7 – Terminer le travail en bon forestier et scier le reste du tronc au plus près du sol pour réaliser une souche.

©Alban Cambe

Fendre du bois à la scie

Enfin, la scie peut également permettre de fendre des bûches de faible diamètre. Les essences les plus riches en fibres (charme, châtaignier…) répondent le mieux à cette méthode et on l’on privilégiera le bois sec et rectiligne :

1 – Couper un tronçon d’environ un mètre de long.

2 – Réaliser une incision à la scie au milieu du tronçon, couper jusqu’à la moitié du diamètre ou légèrement moins. On identifie ainsi sur le tronçon deux parties séparées par la ligne de coupe.

3 – Saisir le tronçon d’un côté, incision orientée vers le haut et venir percuter sur un support dur (tronc d’arbre ou souche) au niveau de la moitié de la partie qui vous est la plus éloignée. Des chocs répétés et secs sont préférables à de fortes percussions qui risquent plutôt de casser la branche en deux morceaux.

4 – Le bois va se fendre depuis la ligne de coupe jusqu’à l’extrémité qui vous est opposée. Retourner le tronçon et recommencer l’opération.

Une scie est donc un outil d’une grande valeur sur le terrain, elle permet le travail du bois en autorisant la section de diamètres équivalents à la moitié de la longueur de sa lame. Elle permettra donc de préparer le bois pour la sculpture, de réaliser une encoche sur une planchette de feu par friction ou même de fendre des bûches. Le premier outil de Bushcraft reste le cerveau, les autres outils comme la scie peuvent donc avoir diverses utilisations.


Usage de la scie pliante en vidéo :


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