7 astuces pour bien dormir en bivouac

7 astuces pour bien dormir en bivouac

Le sommeil, d’intérêt capital lors de longues randonnées, est parfois agité et peu réparateur pour les néophytes. Voici quelques astuces pour bien dormir en bivouac. Vous en ressortirez frais et dispos pour faire face à une nouvelle journée de marche.

1 – Choisissez bien votre emplacement

Montez votre abri en dehors de toute coulée animale, loin d’une falaise ou d’un arbre aux branches mortes en surplomb. Mieux vaut prendre un peu de temps pour vous assurer d’être en sécurité : l’esprit tranquille, vous dormirez sur vos deux oreilles et passerez une nuit réparatrice.

Un lieu à l’abri du vent où le sol est recouvert de plantes rases vous permettra de dormir paisiblement. ©Alban Cambe

Éloignez-vous également des zones humides où les moustiques se feront un plaisir de pulluler. Enfin, tenez-vous à distance des sentiers, des routes, des chemins. La nuit n’est pas vraiment le meilleur moment pour faire des rencontres dans les bois.

2 – Utilisez ou improvisez un matelas

Les pertes de chaleur au cours de la nuit seront limitées par votre sac de couchage et votre abri. En revanche, le contact avec le sol est source de déperditions conséquentes. Le constat est simple : quelle que soit la qualité de votre matériel, sans matelas, vous aurez sûrement froid.

Un matelas est gage de confort physique et thermique s’il est qualitatif. Attention à ne sélectionner que des objets légers. ©Alban Cambe

Les matelas de camping gonflants sont compacts, légers et offrent une isolation proportionnelle à leur R-value (plus le chiffre est élevé, plus le matelas est thermiquement efficace). Personnellement, j’utilise depuis plusieurs années un matelas Sea to Summit Ultra-Light Insulated en toutes saisons. En l’absence de ce genre de fioritures, improvisez un monticule de feuilles mortes, d’aiguilles de résineux ou d’herbes hautes. Il en va également de votre confort pour la nuit. Je n’ai jamais mieux dormi dans les bois qu’en Écosse, sur une pelouse de toundra bien moelleuse.

3 – Préparez de l’eau chaude

Après un repas au feu de bois, une tisane de plantes sauvages est toujours la bienvenue (mais attention, nous en reparlerons au point 4). L’eau chaude est une denrée précieuse en bivouac, autant la recycler : remplissez-en votre gourde.

L’eau chaude a de multiples usages autour du camp. Utilisez-la en bouillotte s’il fait vraiment froid. ©Alban Cambe

Vous aurez à disposition une bouillotte à placer dans votre sac de couchage avant d’aller dormir. Ce faisant, le duvet sera déjà chaud et accueillant lorsque vous vous y glisserez. Retirez alors la gourde pour laisser le liquide refroidir à portée de main. Voilà de quoi étancher les petites soifs nocturnes et bien dormir en bivouac.

Ce liquide, une fois refroidi, sera réutilisé le lendemain matin pour préparer un café revigorant (cliquez-ici pour découvrir la recette du café kettlebell).



 

4 – Videz votre vessie

C’est un point capital que beaucoup de campeurs négligent. Mieux vaut cesser de boire une bonne demi-heure avant d’aller se coucher et – à bonne distance de l’abri – se forcer à uriner. On s’endort toujours mieux avec la vessie légère.

Malgré cette précaution, il arrive que l’on soit réveillé en pleine nuit par une petite envie pressante. Il n’y a aucune hésitation à avoir : sortez de votre sac immédiatement et allez vous soulager dans la froideur nocturne. Cela vaut toujours mieux que de se retenir, se tourner et se retourner dans son sac sans pouvoir retrouver un sommeil qualitatif. Je vous garantis qu’après un bon pipi en pleine nuit, vous retournerez au pays des rêves en moins de temps qu’il n’en faut pour relacer votre braguette.

S’il fait vraiment très froid et qu’un peu de chaleur serait la bienvenue dans votre sac, vous pouvez vous en remettre à une méthode peu ragoutante mais efficace. Videz votre gourde, urinez dedans et utilisez-la comme une bouillotte. L’éphémère chaleur de votre miction vous permettra de gagner quelques précieux degrés. Pour en venir à de telles extrémités, c’est que votre matériel doit faire défaut quelque part.

5 – Gardez votre éclairage à portée de main

Corollaire au point précédent, il est vital de conserver sur soi une méthode d’éclairage pour faire face à l’imprévu. Piquet de tente qui se défait sous la tempête ; gouttes d’eau qui traversent la couture usée d’un tarp ; envie pressante d’uriner ; bruits étranges et présence animale à proximité ; les besoins de fendre le voile noir de la nuit ne manquent pas.

Conservez votre éclairage à portée de main, littéralement. ©Alban Cambe

Ainsi, je conserve ma lampe frontale avec son ruban extensible dans mon sac de couchage, sur ma personne : autour du poignet ou autour du cou selon l’humeur – non, je ne me suis jamais fait étrangler par ma lampe. Lorsque les températures chutent sous les zéros degrés, cela permet également d’en sauvegarder les batteries.

6 – Déshabillez-vous d’abord

Malgré le froid, le gel, la neige, pensez à retirer vos vêtements avant d’aller vous coucher : exit les polaires, les chaussettes, les sous-couches thermiques, commencez toujours votre nuit en sous-vêtements. Le principe d’un sac de couchage est d’emprisonner la chaleur de votre corps – ou de votre gourde, cf. point 3 et 5 – il se réchauffera donc progressivement dès que vous vous y installerez.

Débutez la nuit en tenue légère quitte à vous rhabiller progressivement. ©Alban Cambe

Selon la qualité du sac, les pertes de chaleur peuvent entraîner une sensation de frilosité qui est propre à chacun. Conservez donc à portée de main vos vêtements en vous couvrant progressivement si nécessaire : remettez des chaussettes puis des sous-vêtements thermiques puis d’autres couches dans les cas extrêmes.

7 – Couvrez-vous la tête

Bien emmitouflé dans le sac de couchage, il arrive que le froid s’installe par le haut du corps. Un bonnet et une écharpe sont alors de précieux compléments car ils protégeront une région où la plupart des sacs de couchage se montrent inefficaces (nous privilégions les sacs de type momie pour cette raison).

Avec un simple bonnet léger et un tissu noué autour du cou, le confort atteint son paroxysme et l’on se sent comme dans un cocon au beau milieu des bois.

Conclusion

Lorsque les participants à mes stages ou des amis me disent avoir passé une mauvaise nuit en forêt, c’est bien souvent parce qu’ils n’ont pas suivi l’un des conseils susmentionnés. L’auteur a, lui-même, mis beaucoup de temps à les instaurer de façon régulière dans sa pratique et cela lui a valu quelques déconvenues qu’il ne souhaite à personne. Désormais, bien dormir en bivouac se révèle parfois plus aisé que dans une chambre d’hôtel.

Davantage d’astuces pour passer de bonnes nuits en forêt sont disponibles dans l’ouvrage « Microaventure – Week-end immersion forêt » paru aux éditions Vagnon Aventure.

Les derniers articles par Alban Cambe (tout voir)
Back to top
error: Ce contenu est protégé par le droit d\\\\\\\\\\\\\\\'auteur ©Alban Cambe & albancambe.com